C’est exactement ce que mesure la formation brute de capital :
l’investissement réel, en volume, sans l’effet de l’inflation.
Et sur ce terrain, les chiffres racontent une trajectoire très parlante.
2021 : l’investissement repart après le choc
À la fin de 2020, l’investissement des entreprises s’établit à 3,06 milliards (2020-Q4).
Un an plus tard, au 4ᵉ trimestre 2021, il atteint 3,13 milliards.
👉 Cela représente une hausse de +2,1 % sur un an.
L’investissement repart.
Les entreprises recommencent à engager des dépenses de long terme, signe d’un climat plus favorable après la crise.
2022 : premier coup de frein
En 2022, la dynamique change nettement.
Au 4ᵉ trimestre 2022, l’investissement recule à 2,85 milliards,
soit une baisse de –8,9 % par rapport à fin 2021.
Le mouvement est clair :
les entreprises deviennent plus prudentes.
Les projets sont ralentis, différés, parfois annulés.
2023 : la baisse se prolonge
En 2023, l’investissement ne se redresse pas.
Au 4ᵉ trimestre 2023, il tombe à 2,57 milliards,
ce qui correspond à –9,6 % sur un an.
La baisse est forte, et surtout persistante.
L’investissement n’est plus un moteur de l’économie : il devient un point de fragilité.
2024 : un niveau toujours bas, sans véritable reprise
En 2024, l’investissement reste sous pression.
Au 4ᵉ trimestre 2024, il s’établit à 2,51 milliards,
soit encore –2,5 % par rapport à fin 2023.
La chute est moins brutale qu’en 2022 ou 2023,
mais aucun redémarrage clair n’apparaît.
L’investissement se stabilise à un niveau bas,
loin de celui observé lors de la reprise.
Ce que cette trajectoire dit des entreprises
Sur la période 2021-2024, un schéma très lisible se dégage :
- 2021 : reprise modérée de l’investissement
- 2022 : retournement net
- 2023 : poursuite de la baisse
- 2024 : stabilisation, sans rebond
Les entreprises continuent d’investir,
mais avec retenue, dans un environnement jugé plus incertain.
En clair
- L’investissement repart légèrement en 2021 (+2,1 %)
- Il recule fortement en 2022 (–8,9 %)
- La baisse se poursuit en 2023 (–9,6 %)
- En 2024, l’investissement reste bas (–2,5 %)
- L’investissement n’est plus un moteur de croissance
📌 Quand l’investissement recule, l’économie avance sans se projeter.
Source : STATEC




